Images en transit
Cette série rassemble des photographies réalisées à différents moments et dans différents lieux de ma vie. Villes, voyages, amis, rencontres, corps, paysages et situations quotidiennes apparaissent sans chercher à former un récit linéaire.
Les images sont reliées par une matérialité commune : le grain du film noir et blanc. Plus qu’un procédé esthétique, le grain devient une forme de continuité entre des expériences dispersées, une surface commune sur laquelle différentes mémoires peuvent coexister.
La série reste ouverte. Des photographies y entrent et en sortent : certaines trouvent finalement leur place dans des projets plus vastes, tandis que d’autres demeurent comme des fragments autonomes d’une expérience qui n’a pas encore trouvé son nom. Plutôt que de documenter une ville ou une période précise, la série rassemble ce qui existe autour de mes autres projets : des moments vécus, des personnes rencontrées, des lieux traversés et des situations dont le sens n’apparaît souvent qu’après coup.
En ce sens, la série fonctionne comme un espace de transition au sein de ma pratique photographique. C’est un lieu d’attente et de transformation, où les images peuvent exister avant de devenir autre chose.
Le noir et blanc ainsi que le grain du film constituent le fil qui relie ces images. L’essentiel n’est pas nécessairement le lieu où chaque photographie a été prise, mais la possibilité qu’en étant placées côte à côte, elles commencent à révéler des relations qui n’étaient pas visibles au moment de leur création.
Dans Autoportrait avec sujets nus à Paris, des mannequins se tiennent derrière une vitre, privés d’origine ou de fonction. Mon reflet apparaît parmi eux, faible et incertain — une présence fugitive qui se dissout dans la surface de la ville. Paris, avec ses promesses lumineuses et ses seuils invisibles, reflète la dualité du désir et du déplacement qui traverse l’œuvre.

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